Voici le début d'une série sur les ouvrages à posséder dans sa bibliothèque.
Commençons par "Les pratiques culturelles des Français" d'Olivier Donnat (1998) qui présente les résultats de l'enquête 1997 "Pratiques culturelles des Français", que le Département des études et de la prospective du Ministère de la Culture a déjà réalisée à trois reprises, en 1973, 1981 et 1989.
C'est la dernière enquête réalisée, elle date d'il y a 8 ans, mais les tendances lourdes sont déjà là. L'ouvrage est le plus complet jamais publié en France sur les usages des français.
Ci-dessous une extrait d'une note écrite en décembre 1998 pour mon employeur de l'époque suite à la publication de l'ouvrage d'Olivier Donnat.
"L’augmentation des temps d‘écoute, la diversification des équipements, la généralisation de la télécommande, la multiplication et la segmentation de l’offre de programmes ont entraîné une modification profonde des comportements, caractérisée par l’individualisation et la segmentation des usages de la télévision.
Le modèle de l’usage collectif (familial) de la télévision, encore en vigueur dans les années 1980, est désormais caduc. Les pratiques se sont individualisées à cause :
· du multi-équipement qui concerne un foyer sur deux (33 % avec deux postes, 12 % avec trois postes) ;
· de l’usage généralisé de la télécommande (83 % des foyers en 1997 contre 46% en 1989), et de son corollaire le zapping touchent toutes les catégories de téléspectateurs.
Avec l’individualisation, le choix du programme regardé est désormais largement impulsif, sans intention préalable. La proportion des Français qui choisissent leurs programmes télévisés à l’avance est en régression et ne représente plus que 20 % selon l’enquête du Ministère de la Culture. Plus
de la moitié des téléspectateurs allument leur poste sans connaître les programmes diffusés.
Parallèlement à cette culture de flux que symbolise l’usage de la télévision, les Français développent une logique de capitalisation des images grâce à l’usage de la vidéo domestique. La proportion des foyers disposant de plus de 30 cassettes vidéos a été multipliée par 5 depuis 1989 (38 % en 1997) et le stock moyen détenu par ceux qui ont un magnétoscope s’élève désormais à 57 cassettes. Cette constitution de vidéothèque explique la supériorité de l’achat de cassettes sur la location. Si
60 % des Français équipés en magnétoscopes achètent des cassettes, seulement 47 % en louent. Cependant, ces modes d’usages de la vidéo domestique sont tous deux dominés par l’échange non marchand (emprunt et prêt) de cassettes qui concernent 81 % des personnes équipées."
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