Jeremie Feinblatt nous livre ses expériences européennes dans bar not found. Il édite aussi // ma soiree // pour couvrir Paris.
Je vous invite à lire ses compte-rendu de week end à Berlin.
Berlin, itinéraire d'un voyage d'affaire
Les meilleurs passages sont parfois dignes des lignes écrites par James Ellroy dans Ma Part d'Ombre quand il nous raconte ses années de débauche.
Petite sélection de Berlin. 72 hours. No sleep.
Jeudi 22 novembre
Dans l’avion, une
jeune fille se lève. Elle aborde l’hôtesse de l’air pour savoir si elle
peut garder son portable allumé. Elle a oublié son code pin. La réponse
est non. Elle se rassoit. Elle n’aura plus de téléphone. Berlin.
Vendredi 23 novembre
00h - Antje Oeklesund
à Friedrischain. Difficile de faire plus alternatif que ce bar semi
clandestin. Voilà comment il nous a été décrit. « dans Rigaerstrasse,
entre dans la cour terrain vague en face du Lidl, tourne sur la droite,
passe entre les bâtiments, et rentre dans la maison effondrée » C’est
un peu l’ambiance d’un squat, avec un mix d’étudiants, d’artistes
fauchés et d’expats enthousiasmés par l’osmose berlinoise. Les groupes,
qui jouent sur la petite scène, sont souvent les potes des potes des
barmans. Mais en fait ne le sommes nous pas tous ici. Tallons
aiguilles, s’abstenir.
05h - Panorama Bar à Ostbanhof. C’est vendredi soir, le Berghain est fermé, y’a pas trop de monde. Il y a une sorte de frontière invisible les 30 dernières mètres. Les taxi s’arrêtent là, l’air de dire, « moi je ne peux plus continuer, je tiens à ma vie ». On marche les 30 derniers mètres. L’ancienne centrale hydro-électrique, aujourd’hui mythique pour tout clubber européen, devient réalité. C’est imposant. C’est la fameuse Cadenza night. Mike Huckaby mixe une électro calme. On s’agite pas trop sur le dancefloor. Non, il semblerait que les orgies dans les alcoves danoises aient pris le dessus sur la danse. On me demande de la coke, on m’en propose. Pas la peine. Les chiottes sont pleines de poudre blanche. Sur le PQ, sur la cuvette, sur la chasse d’eau. Partout. Je m’enferme avec un groupe de trois dans les toilettes. Le glamour trash. Bienvenu à Berlin. Chacun fait ce qu’il veut, tout le monde s’en fout. On ne sait plus quelle heure il est. On reste avec les freaks du panorama. On rate Ellen Allien au watergate et zip au tresor. Le soleil se lève.
Dimanche 25 novembre
Burger King
dégueu, passage express à Copenhague pour faire les provisions en
poisson fumé. Dans l’avion, une pensée. Un week end à Berlin, mais sans
minimal. Aurai-je tout raté ? Aéroport. Pas la force d’aller voir la
première du Kararocké de Nicolas Ulmann au Paris Paris, c’est l’heure
de la descente. Dodo.





















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